
Nouveau Nutri-Score : le plan marketing avant mars 2027
Depuis le 16 mars 2025, les entreprises qui affichent le Nutri-Score disposent de deux ans pour passer au nouveau calcul. L'échéance tombe le 16 mars 2027 et, selon Santé publique France, entre 30 et 40 % des produits changent de note. Pour une PME agroalimentaire, c'est un sujet de marque avant d'être un sujet d'étiquetage.
Une échéance de calendrier, pas une option ouverte
Le Nutri-Score existe en France depuis octobre 2017. Son mode de calcul a été révisé par un arrêté interministériel dont Santé publique France a annoncé la signature le 17 mars 2025. Depuis le 16 mars 2025, les entreprises qui ont adopté le logo disposent d'un délai de deux ans pour appliquer le nouvel algorithme sur leurs emballages. L'échéance est donc fixée au 16 mars 2027.
L'affichage du Nutri-Score relève d'une démarche volontaire : personne ne vous oblige à porter le logo. En revanche, si vous l'affichez, la version affichée devra être la bonne à l'issue de la période de transition.
Traduite en langage de production, cette échéance dit autre chose : vos prochaines campagnes d'impression d'emballages sont probablement les dernières avant la bascule. Pour une PME qui commande ses films, ses étuis et ses étiquettes par lots de douze à dix-huit mois, la décision se prend cet automne, pas en janvier 2027.
Entre 30 et 40 % des produits changent de note
Santé publique France indique qu'entre 30 et 40 % des produits verront leur score évoluer. Les mouvements ne sont pas aléatoires, ils suivent des logiques nutritionnelles identifiables :
- les huiles à teneur plus faible en acides gras saturés, comme l'huile d'olive, de colza ou de noix, passent de C à B ;
- la note de certains poissons gras riches en oméga 3, sardines et maquereaux notamment, s'améliore ;
- la différence entre féculents complets et féculents raffinés devient plus lisible ;
- les produits salés et les produits sucrés sont notés plus sévèrement ;
- l'eau devient la seule boisson notée A et les boissons contenant des édulcorants ne sont plus notées B mais de C à E ;
- le lait, les laits aromatisés et sucrés, les yaourts à boire et les boissons végétales sont désormais calculés avec l'algorithme des boissons.
La première action à mener ne coûte presque rien : recalculer l'ensemble de votre gamme avant d'arbitrer quoi que ce soit. Tant que vous ignorez quelle référence gagne une lettre et laquelle en perd une, toute discussion sur le packaging ou sur le discours commercial est prématurée.
Trois situations, trois réponses marketing
La note s'améliore. C'est le cas le plus simple et le plus mal exploité. Un passage de C à B sur une huile ou une conserve de poisson est un argument de rayon, de fiche produit et de dossier de référencement. Il mérite mieux qu'un changement silencieux de logo : placez-le dans votre argumentaire distributeur, dans vos visuels e-commerce et dans vos contenus de marque.
La note reste identique. Rien à célébrer, mais une vérification à faire : le logo imprimé doit bien être issu du nouveau calcul. Et si vos concurrents directs perdent une lettre pendant que vous conservez la vôtre, votre position relative s'améliore sans que vous ayez rien changé. C'est une information de veille concurrentielle autant que d'étiquetage.
La note se dégrade. C'est la situation qui demande un vrai arbitrage, avec trois voies possibles : reformuler, assumer ou retirer le logo. Les trois ont un coût, et deux d'entre elles ont un coût de marque.
Retirer le logo : un calcul qui se voit
La tentation est réelle. Puisque l'affichage est volontaire, pourquoi ne pas retirer le Nutri-Score des références qui perdent une lettre ? Deux raisons invitent à la prudence.
La première tient à la visibilité du geste. En avril 2024, 1 406 entreprises étaient engagées dans la démarche en France, et les marques engagées représentaient 62 % des volumes de ventes en 2024 selon le suivi publié par l'Oqali. Un logo qui disparaît d'une face avant au moment précis où l'algorithme durcit certaines catégories se remarque, en rayon comme dans les comparateurs et les bases de données produit alimentées par les consommateurs.
La seconde tient à la cohérence du discours. Une marque qui a communiqué pendant des années sur sa transparence nutritionnelle et qui retire son logo la première fois qu'il devient moins flatteur perd davantage qu'une lettre. Le retrait peut être la bonne décision, mais il doit être une décision assumée, prise avec la direction, et non un arbitrage technique laissé au service packaging.
Reformuler ou assumer : comment trancher
La reformulation n'est pas un projet marketing, c'est un projet industriel : cahier des charges, essais, validation sensorielle, parfois nouveaux approvisionnements, et un risque réel de perdre les consommateurs qui achetaient le produit pour son goût. Avant de l'engager, quatre questions méritent une réponse écrite.
- Quel écart nutritionnel sépare réellement votre recette de la lettre supérieure ? Parfois quelques dixièmes de gramme de sel, parfois un gouffre.
- Le Nutri-Score pèse-t-il dans l'acte d'achat de cette catégorie, ou l'acheteur arbitre-t-il d'abord sur l'origine, le prix ou la marque ?
- Vos clients distributeurs intègrent-ils la note dans leurs critères de référencement ou dans leurs chartes d'assortiment ?
- La recette fait-elle partie de votre patrimoine de marque, au point qu'y toucher fragiliserait la promesse ?
Assumer est une option parfaitement légitime, à condition de savoir l'expliquer. Une charcuterie traditionnelle ou un fromage affiné n'ont pas vocation à devenir des produits notés A. La question n'est pas de s'en excuser, mais de replacer le produit dans un usage, une fréquence et un repas. C'est un travail de message, donc un travail de marque.
Le plan de bascule en quatre étapes
Étape 1, l'inventaire. Recalculez toutes les références, y compris les produits saisonniers et les marques de distributeur que vous fabriquez. Classez-les en trois colonnes : note améliorée, note stable, note dégradée.
Étape 2, l'arbitrage. Pour chaque ligne dégradée, tranchez entre reformuler, assumer et retirer, avec une date et un responsable. Un arbitrage sans date n'est pas un arbitrage.
Étape 3, la production. Alignez les décisions sur le calendrier réel d'écoulement de vos stocks d'emballages et sur vos dates de commande. C'est cette contrainte, et non l'échéance de mars 2027, qui fixe votre véritable date limite de décision.
Étape 4, la diffusion. L'emballage n'est qu'un support parmi d'autres. Vos fiches produit, vos packshots, vos catalogues distributeurs, vos supports de salon et vos bases de données doivent porter la même version que le rayon.
Le point aveugle : vos contenus en ligne
C'est l'angle mort le plus fréquent. Une PME agroalimentaire dispose souvent de plusieurs centaines de visuels dispersés : fiches produit sur son propre site, contenus transmis aux distributeurs, photos de recettes sur les réseaux sociaux. Chacun de ces supports peut afficher un Nutri-Score périmé longtemps après le changement de packaging.
Deux réflexes évitent le problème. Le premier consiste à centraliser les visuels produit dans une source unique datée, plutôt que de les laisser circuler par messagerie. Le second consiste à traiter la mise à jour des fiches produit comme une opération de contenu à part entière, planifiée et vérifiée, au même titre qu'une refonte éditoriale. C'est exactement le type de chantier que nous cadrons avec les marques du secteur alimentaire, en articulant positionnement, contenus et diffusion selon notre méthode en quatre étapes.
Questions fréquentes
Le Nutri-Score est-il obligatoire en France ?
Non, son affichage relève d'une démarche volontaire. En revanche, les entreprises qui ont choisi de l'afficher doivent appliquer le nouveau calcul dans le délai prévu.
Jusqu'à quand peut-on garder l'ancien Nutri-Score sur un emballage ?
Les entreprises disposent de deux ans à compter du 16 mars 2025 pour appliquer le nouveau calcul, soit une échéance au 16 mars 2027. Pendant cette période, les deux versions peuvent coexister en rayon.
À quoi sert l'encadré « nouveau calcul » ?
Il signale aux consommateurs que la note affichée provient du nouvel algorithme, afin de limiter la confusion pendant la transition. Son apposition reste facultative.
Combien de produits sont concernés par un changement de note ?
Santé publique France indique qu'entre 30 et 40 % des produits verront leur score évoluer avec le nouvel algorithme.
Faut-il communiquer quand la note d'un produit baisse ?
Aucune obligation de communiquer ne s'impose. Mais si la baisse concerne un produit phare ou une marque qui a bâti son discours sur la transparence, mieux vaut préparer un message clair pour la force de vente et le service consommateurs que subir la question sans réponse.
Vous fabriquez ou distribuez une marque alimentaire et vous devez arbitrer avant la prochaine commande d'emballages ? Nous aidons les PME à transformer cette contrainte d'étiquetage en décision de positionnement, du recalcul de gamme au message client. Parlons de votre marque alimentaire.